Pendant mon séjour prolongé au Québec qui se termine bientôt, j’ai découvert le dialecte local qui est l’objet de moqueries en France : le joual. Il s’agit d’un français qui peut paraitre désuet vu de la France, puisque de nombreux mots n’y sont plus utilisés. La langue anglaise (une menace pour le français à Montréal) a influencé le français du Québec, qui a évolué différemment de celui de la France. Par exemple, comme dans l’anglais, en joual,un mot sera à la fois un verbe, un nom et un adjectif.
J’ai du mal à comprendre le raisonnement de certains Québécois qui nous méprisent (les Français) parce qu’on a inclus des mots anglais dans le dictionnaire. Ils oublient que dans le parler québécois on retrouve énormément de mots anglais. Ce discours est largement répandu dans la population. Je voulais ajouter qu’en incluant des mots anglais, la langue n’est pas menacée bien au contraire, ça lui permet de la faire évoluer et de l’enrichir. Le souci du français au Québec vient du fait que des lois ne sont pas appliquées correctement comme l’obligation d’afficher le français avant l’anglais (loi 101) afin d’éviter de tuer le français à Montréal (dans le reste de la province, le français est largement dominant).
Par ailleurs, de nombreux mots anglais sont issus de la langue française. Il y en a environ 10 000 tels beef, sheep, table, religion, beauty, nature, etc. C’est lors du règne sur l’Angleterre de Guillaume le Conquérant que le mélange s’est produit. Le français n’a pas pour autant fait disparaître l’anglais, il l’a tout simplement enrichi.
Ci-dessous, voici un tableau comprenant les mots en joual que j’ai collectés avec leurs équivalents (liste très peu exhaustive) :
Français québécois (joual)
Français
Balayeuse
Aspirateur
Bardasser
Mettre en pagaille
Bas
Chaussettes
Camera (terme anglais)
Appareil photo
Capoter
Adorer, se prendre la tête
Cellulaire
Téléphone portable
C’est le fun
C’est bien
Chandail
T-shirt, pull
Char
Voiture
Checker
Vérifier (terme anglais très utilisé)
Cheum
Pote, petit ami(e)
Croche
Étrange
Débaucher
Faire la fête
Débile
Génial
Des si
etc.
Des trains
Du bruit
Écoeurant
Génial
Épinglette
Pin’s
Faire son épicerie
Faire les courses
Fif
Fif
Flô
Gamin
Foufounes
Fesses
Frait
Cool, Hautin
Frencher
Embrasser
Gazer
Faire de l’essence
Gomme
Chewing-gum
Gougounes
Tongues
Jaser
Discuter
Job (au féminin)
Travail
Kodak
Appareil photo
Laveuse
Machine à laver
Magasiner
Acheter quelque chose, faire du shopping
Niaiser
Faire n’importe quoi
Niaiseux
Débile
Nounoune
Niais
Pantoute
Pas du tout
Pitoune
Belle fille
Plate
Moche, nul, sans intérêt
Plogue
Prise de courant électrique
Poche
Mal fait, nul
Pogner
Prendre (c’est un mot qui peut prendre une forme différente selon son contexte)
Pouce
Auto-stop
Quétaine
craignos, ringard ou démodé
Quêteux
Mendiant
Sacrer
Jurer
Se pousser
Partir
Sécheuse
Sèche-linge
Tantôt
Plus tôt, plus tard
Taxer
Raquêter
Tough (prononcer « toffe »)
Mot anglais signifiant dur
Toune (de l’anglais tune,)
Une chanson
Tsé
Tu sais
Chu
Je suis
Veille sacoche
Vieux sac
Pour terminer, je vais brièvement parler des sacres (les jurons québécois). En France, ce sont les mots en joual que l’on connait le mieux. Ils ont tous une origine commune : le champ sémantique du christianisme. Voici les exemples les plus répandus : crisse, câlisse, tabarnac, hostie, ciboire.
Gad Elmaleh dans un de ses sketchs aborde le parler québécois :